USA: un inspecteur de l'Etat voit un risque de nouvelle crise financière PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 01 Février 2010 05:56

Crise financièreUn inspecteur indépendant du plan public de sauvetage de la finance aux Etats-Unis a affirmé dans un rapport publié dimanche qu'une nouvelle crise financière restait possible "sauf réforme importante" du système financier américain, étant donné sa faiblesse et les risques qu'il prend.

"Même si (ce plan) a empêché notre système financier de tomber dans un ravin en 2008, sauf réforme importante, nous conduisons toujours sur la même route sinueuse de montage, mais cette fois-ci dans une voiture plus rapide", a écrit cet inspecteur, Neil Barofsky, dans un rapport trimestriel.

Il a évoqué l'éventualité d"une crise similaire ou même plus grave dans deux, cinq ou dix ans".

Citant les éléments qui ont mené à la crise, à savoir la bulle des prix de l'immobilier et les risques démesurés pris par les banques, il a estimé "difficile de voir en quoi l'un ou l'autre des problèmes fondamentaux du système a été réglé à ce jour".

Il a cité le fait que "les efforts concertés du gouvernement pour soutenir les prix des logements risquent de regonfler cette bulle étant donné la prise de contrôle effective par l'Etat du marché immobilier", rehaussant artificiellement des prix qui s'enfonceraient encore sans lui.

"L'Etat a fait plus que soutenir le marché du crédit immobilier. Par de nombreux moyens, il est devenu le marché immobilier", a relevé l'inspecteur.

En effet, rappelle-t-il, "l'Etat fédéral et les organismes qu'il soutient garantissent ou émettent désormais presque tous les emprunts nets nouveaux pour des prêts immobiliers ou des titres adossés à ces prêts".

Discernant un "objectif politique explicite du gouvernement" de soutenir les prix de l'immobilier, il s'est inquiété que "le contribuable" soit voué à assumer "le risque qui était autrefois porté par le secteur privé", principalement par le biais des organismes semi-publics de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac.

Par ailleurs, M. Barofsky a noté "peu de changements fondamentaux dans la culture de rémunérations excessives de Wall Street", raison pour laquelle les banques se sont lancées dans une "course" pour rembourser l'Etat.

Enfin, il a considéré que les banques "trop grandes pour faire faillite" étaient non seulement "aujourd'hui encore plus grandes", mais aussi "plus convaincues que jamais que l'Etat interviendra" si elles étaient menacées.

Le plan de sauvetage de la finance américaine, promulgué en plein pic de la crise financière en octobre 2008, a été doté de 700 milliards de dollars, dont 369 milliards restent à disposition du Trésor.

"Les coûts considérables (du plan) en termes d'argent (...) et de crédibilité du gouvernement auront été consentis en vain si nous ne faisons rien pour corriger les problèmes de notre système financier", a conclu M. Barofsky.

Il a recommandé au gouvernement d'"établir des lignes directrices au cas où il faudrait de nouveau prendre la décision d'acquérir une participation importante dans des institutions financières".

Celles-ci "exigeraient un examen préalable de sorte à ce que le Trésor puisse être raisonnablement conscient des obligations et des difficultés auxquelles sont confrontées de telles institutions".

Source: Romandie

 
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