Qui s’engraisse avec la Grèce ? PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 11 Février 2010 05:41

La bourceParis record contre l’euro nous apprend le Financial Times. 7,8 milliards de dollars (soit 5,8 milliards d’euros) ont été joués contre la monnaie unique ces derniers jours. L’euro pourra-t-il se relever d’une telle attaque ? Peut-être pas.

 

Comme vous l’expliquait hier avec beaucoup de brio Isabelle Mouilleseaux dans l’Edito Matières Premières & Devises, c’est une attaque préméditée depuis longtemps à laquelle nous assistons. Une véritable razzia en quatre étapes :

1. Prendre des positions contre l’euro, c’est-à-dire vendre la monnaie unique (au plus haut) alors que tout le troupeau vend le dollar.

2. Shorter les marchés actions et matières premières en faisant le pari qu’ils s’effondreront, pris de panique face à la menace d’un krach obligataire.

3. Attaquer la Grèce, pays fragilisé par son endettement et par des rumeurs grandissantes de faillite. Une attaque qui menace la zone euro en entier puisque la Grèce n’est pas le seul pays européen à être en très mauvaise posture (les PIIGS, puisque l’Italie s’est ajoutée au Portugal, Irlande, Grèce et l’Espagne).

4. Amasser d’énormes profits grâce au short de l’euro, des actions et des matières premières.

Et voilà, le tour est joué. C’est simple comme bonjour, et certains en ont vraiment bien profité.

Mais les spéculateurs ne sont pas les seuls responsables des menaces sur la zone euro. L’Union européenne est elle aussi sur le banc des accusés.

En cause, l’euro, mais aussi le fonctionnement même de l’UE.

La monnaie unique pèse de tout son poids sur des pays peu habitués à une monnaie forte. L’euro est aussi une monnaie que les Etats ne peuvent pas manipuler à leur guise : pas question de la dévaluer en cas de besoin ou de laisser filer l’inflation pour alléger le poids de la dette.

L’Union européenne ajoute ses propres contraintes à celles imposées par l’euro, dont une limitation du déficit des Etats membres.

L’UE est paralysée car multi-céphale. Entre les différents présidents européens (président du Conseil européen, président de la Commission européenne, président de l’Union européenne…), le président de la BCE et les avis des différents pays concernés, l’Europe ne sait plus où donner de la tête. Conclusion, il aura fallu deux mois (la Grèce a commencé à faire sérieusement parler d’elle en décembre dernier) pour que les Européens se décident à agir.

Alors sauvetage de la Grèce ou pas ?

Même si, à MoneyWeek, nous adorons jouer à nous faire peur, les pays européens ne peuvent pas laisser facilement tomber l’un des leurs, et ce malgré les menaces à peine voilées venues de la BCE. La faillite de la Grèce, ou un sauvetage venu de l’extérieur, du FMI par exemple, serait le pire des désaveux pour les ambitions internationales européennes. La faillite d’un Etat membre risquerait aussi d’être la pichenette qui ferait tomber tous les autres Etats endettés de l’UE, comme des dominos.

Il faut donc sauver la Grèce. Mais comment ? Les Européens se réunissent demain pour en décider – en espérant que cette réunion aura plus de succès que les “machins”, du type G7, G20 ou Copenhague. Comme l’explique très bien Georges Ugeux dans son blog Démystifier la finance, pour sauver la Grèce, l’Europe aura besoin d’un politique ferme : “C’est d’un plan d’urgence que la Grèce a besoin, et de prêts assortis de conditions draconiennes pour la remettre sur rail. Mais pour cela il faudrait du leadership”.

A MoneyWeek, nous sommes prêts à prendre le pari : la Grèce va être sauvée, oui. Mais l’Union européenne et l’euro n’en sortiront pas grandis, loin de là. La faiblesse de réaction de l’UE laisse le champ libre aux spéculateurs en tout genre : qui les empêchera de reproduire ce coup de Trafalgar grec sur le Portugal ou l’Espagne ? Voilà qui nous promet de nouvelles secousses telluriques sur les marchés.

- L’imagination de certains pour nous transformer en pigeon est sans fin : sur notre site www.moneyweek.fr Simone Wapler démystifie les CDS qui prétendent assurer contre le risque de défaillance des Etats. Une illusion parfaitement démontée par Simone, comme vous pourrez le découvrir en poursuivant votre lecture…

- Nous venons de le voir, la crise grecque risque d’être suivie dans des crises espagnole ou italienne. Comment vous protéger ? En ayant des valeurs défensives en portefeuille. Dans le prochain numéro de MoneyWeek, Jacques Burlot, gérant du fonds Tocqueville Dividende chez Tocqueville Finance vous conseille trois valeurs défensives qui, en plus, vous offriront de beaux dividendes. A découvrir dès demain dans MoneyWeek.

[Vous n'êtes pas encore abonné à MoneyWeek ? N'attendez plus et profitez chaque semaine des recommandations d'investisseurs professionnels pour seulement 14 euros par trimestre]

- Et vous ? Pensez-vous que l’Europe peut exploser en vol sous les coups de butoir des vendeurs à découvert sur l’euro ? Donnez votre opinion et venez en débattre sur notre site : www.moneyweek.fr

 
article plus lusArticles au hazard

Ajouter un Commentaire

Tous les messages comportant des insultes seront supprimés! Les commentaires doivent être courtois envers les lecteurs et auteurs du site!
L'équipe du site vous en remercie.


Code de sécurité
Rafraîchir

School Joomla Templates and Joomla Tutorials