« Euroland », c’est par ce vocable issu de l’anglomanie frénétique de nos « élites », alors que le Royaume-Uni ne fait pas partie de la zone Euro, qu’avait été baptisée la « zone Euro » suite à la création de la monnaie unique.
A moins qu’il ne se soit agi, la BCE étant située à Francfort, de marquer le début de l’hégémonie de l’Allemagne sur le reste de l’Europe, les Nations européennes n’étant dès lors destinées qu’à devenir des « Länder » de l’Allemagne.
Ou encore que j’aie mal compris et que ce nouveau vocable ne soit en fait d’origine française, la langue originelle de la Communauté Européenne, et qu’il s’orthographie « Eurolande », la définition de « lande » collant parfaitement à la situation économique actuelle puisqu’une « lande » se définit comme étant une « étendue de terre inculte et stérile ».
Peut-être s’agit il en fait d’un mélange des trois, la zone euro étant aujourd’hui une étendue de terre inculte et stérile dirigée économiquement depuis Berlin et Francfort comme un land allemand et financièrement par le biais de Goldman-Sachs depuis New-York. Ainsi tant les versions américaines, allemandes que françaises auraient leur légitimité tout particulièrement depuis ces derniers jours qui ont vu l’arrivée pour le moins surprenante d’anciens cadres dirigeants de la banque d’affaire à la tête, excusez du peu, de la BCE et de l’Italie.
Revue d’effectifs : Le remplaçant de Jean-Claude Trichet à la BCE, Mario Draghi, a été Vice-Président de Goldman Sachs International de 2002 à 2005 tandis que le remplaçant de Silvio Berlusconi à la Présidence du Conseil italien, Mario Monti, a été jusqu’à son arrivée au pouvoir en Italie conseiller international de cette même banque. Ainsi est peut-être en train de se dérouler sous nos yeux un véritable coup d’état silencieux et destiné à devenir permanent qui verrait les dirigeants de la finance mondiale remplacer les personnalités élues en attendant, peut-être, la suppression pure et simple du suffrage universel. Comme l’avait dit David Rockefeller lors d’une réunion de la commission trilatérale il y a 20 ans : « La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’autodétermination des peuples ».
Cerise sur le gâteau, le successeur de Georgios Papandreou en Grèce, Lucas Papademos, est l’ancien gouverneur de la Banque Centrale Grecque de 1994 à 2001, c'est-à-dire celui qui a falsifié les comptes de la Grèce afin de la faire entrer dans l’euro avec la complicité aussi involontaire que désintéressée de…Goldman Sachs ! On croit rêver !
Ainsi s’est déroulé sous nos yeux ces derniers jours un véritable putsch contre la démocratie dans le silence assourdissant tant de nos dirigeants que des médias « autorisés ». Comme disait Napoleon Bonaparte : "Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement, qui contrôlent la situation puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. [...] L'argent n'a pas de patrie, les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence, leur unique objectif est le gain."
Aujourd’hui, dans nos pays surendettés, les gouvernements sont soit des gouvernements dépendants des banquiers soit des gouvernements dirigés par des banquiers tous liés de près, comme c’est bizarre, à Goldman Sachs dont le PDG Lloyd Blankfein n’hésitait pas à déclarer dans le « Times » en novembre 2009 : « Je ne suis jamais qu’un banquier qui accomplit le travail de Dieu »…
La modestie du propos résume toutes les vues et les ambitions de ce que les américains appellent « Government Sachs » sur l’Europe. Peut-être vivons nous la fin de l’euroland(e) et l’avènement du « Goldman Sachs Land »…
Philippe DAVID |
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