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Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a confirmé vendredi que le rapprochement souhaité par l'Espagne entre l'Union européenne et Cuba n'était "pas une priorité" de sa présidence tournante de l'UE.
"On peut comprendre que pour l'ensemble de l'UE, Cuba ne soit pas une priorité, bien que pour l'Espagne, ce soit important", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec le nouveau président permanent de l'UE, Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
M. Zapatero a minimisé l'importance du dossier cubain pour la politique extérieure de l'UE en comparaison aux "défis comme le changement climatique", ou "aux sommets avec la Russie ou les Etats-Unis". "Nous devons y consacrer le temps que cela mérite", a-t-il ajouté.
Il a souligné que les questions relatives à Cuba n'avaient même pas été évoquées lors de sa "longue réunion de travail" préalable avec MM. Van Rompuy et Barroso, qui devaient participer dans la soirée au gala d'inauguration de la présidence espagnole de l'UE, entamée le 1er janvier.
"La politique de l'UE envers Cuba n'est pas une priorité de notre présidence", avait-il déjà déclaré jeudi soir à des journalistes.
La politique de rapprochement prônée par l'Espagne suscite de fortes réticences de plusieurs pays membres du nord de l'Europe et de l'ancien bloc communiste.
Elle est également critiquée par les dissidents cubains qui estiment que la situation des droits de l'homme ne s'est pas améliorée à Cuba depuis l'arrivée à la tête du pays de Raul Castro, après le retrait de son frère Fidel.
L'Espagne souhaite l'abandon de la "position commune" européenne, qui lie depuis 1996 le dialogue politique avec La Havane au respect des droits et des libertés sur l'île et l'adoption d'un plan UE/Cuba de coopération.
"Nous devons être exigeants envers Cuba, mais toujours en gardant une porte ouverte au dialogue, en pensant d'abord au Cubains puis au futur de Cuba", a estimé M. Zapatero.
Certains médias espagnols prêtent depuis quelque temps à M. Zapatero la volonté de freiner les ardeurs de son ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos sur ce dossier, afin de ne pas heurter de front les pays membres les plus réticents à un rapprochement.
M. Moratinos, selon qui la position commune est une "erreur", avait lui-même minimisé mardi l'ambition espagnole sur ce dossier, n'y voyant "qu'un chapitre de plus" de l'agenda de la présidence espagnole.
"Si un accord est possible, très bien. S'il n'y a pas de consensus européen, l'Espagne continuera de travailler dans un cadre bilatéral" avec La Havane, avait-il déclaré à une groupe de correspondants européens à Madrid.
Source: Romandie |
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