La filière terroriste sur le banc des accusés PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 09 Mars 2010 08:06

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a entamé lundi, sous très haute surveillance policière, le procès d'une filière qui a envoyé des combattants se former au maniement des armes et des explosifs à la frontière pakistano-afghane.

A l'issue de cet entraînement, trois de ces cinq combattants étaient revenus en Belgique via la Turquie. Leurs défenses nient qu'ils aient projeté de commettre des attentats à leur retour en Europe. On est sans nouvelles des deux autres, qui sont dès lors jugés par défaut à Bruxelles. Ils pourraient toujours être en zone pakistano-afghane ou être morts.

Message
La figure centrale de ce procès est Malika El Aroud, seule à comparaître détenue avec Hicham Beyayo, un des trois hommes revenus du Pakistan. Quelques jours après son retour en Belgique, en décembre 2008, les services anti-terroristes avaient intercepté un message qu'Hicham Beyayo avait envoyé à sa petite amie, selon lequel une "opération" aurait lieu prochainement et qu'il n'en reviendrait pas.

Cela avait convaincu la justice d'intervenir et d'arrêter tous les membres connus de ce groupe qui était observé depuis plus d'un an.

Acquittée en 2003
Malika El Aroud est considérée comme un des trois chefs de cette filière. Cette Belge d'origine marocaine âgée de 50 ans est la veuve d'un des deux assassins du commandant Massoud, le chef de l'alliance du Nord tué en Afghanistan deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001. Elle a été acquittée pour ces faits à Bruxelles en 2003.

Voile non admis
Principale animatrice d'un site internet appelant au Jihad, elle sera interrogée mardi par le président du tribunal. C'est via son site, qui faisait l'apologie du combat armé, que plusieurs des prévenus ont commencé à communiquer. Elle était non voilée lundi devant le tribunal. "Car on le lui interdit. Ce qu'elle regrette", a expliqué hors audience son avocate.

Malika El Aroud est considérée comme la chef de cette filière avec Hicham Beyayo et son dernier mari, Moez Garsallaoui qui est un des deux prévenus dont on a perdu la trace en zone pakistano-afghane.

L'instruction judiciaire a montré que Moez Garsallaoui prenait en charge en Turquie les quatre Belges - mais aussi deux Français - qui ont gagné tout comme lui le Waziristan, à la frontière pakistano-aghane. Ceux qui en sont revenus ont été arrêtés lors des opérations policières menées en décembre 2008. Ils ont reconnu avoir suivi au Pakistan des formations au maniement des armes et des explosifs.

Camps d'entraînement
Certains ont expliqué que, lors de ces formations, ils devaient remplir un formulaire où il leur était demandé s'ils accepteraient de commettre un attentat suicide. Plusieurs ont qualifié l'ambiance "d'exécrable" dans ces camps et souligné qu'ils ne voulaient pas y rester et rentrer en Europe. Ceux qui sont revenus ont tous dit qu'ils n'avaient pas reçu d'instruction pour mener des actions en Europe ou en Belgique.

Des personnes les chargent néanmoins. C'est ainsi le cas, comme l'a souligné lundi le président du tribunal correctionnel, de Bryant Neal Vinas. Arrêté au Pakistan, ce jihadiste américain a expliqué aux enquêteurs belges venus l'interroger dans sa prison aux Etats-Unis qu'Hicham Bouhali Zrioul, un des deux prévenus dont on a perdu la trace au Pakistan, nourrissait l'intention de commettre un attentat en Belgique dans le métro.

Selon Vinas, qui a côtoyé plusieurs des prévenus au Pakistan, les camps où ils étaient formés étaient gérés par Al-Qaïda et il était impossible de quitter le Waziristan, après y avoir suivi des formations, sans l'aval d'Al-Qaïda. (belga)

Source: 7s7

 
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