L'industrie automobile européenne doit se préparer à des restructurations douloureuses et investir dans le développement de "voitures vertes" pour se renouveler, ont averti lundi à Bruxelles les ministres de l'Industrie de l'UE réunis à Bruxelles pour un conseil "compétitivité".
La Commission s'est engagée à présenter "un plan d'action" en faveur des véhicules tout électrique et des hybrides, mais "l'industrie doit se décider maintenant pour ne pas se retrouver en retard", a souligné l'Espagnol Miguel Sebastian, président de la réunion.
M. Sebastian souhaite passer vite du développement à la production à la chaîne. "Nous sommes à la croisée des chemins", a-t-il insisté.
"L'UE a une industrie automobile forte mais elle doit se renouveler et une de ses chances est la voiture électrique", a-t-il plaidé.
"Il est raisonnable de fixer un objectif européen pour la voiture électrique et l'industrie doit investir pour demeurer +leader+", a-t-il ajouté en soulignant les atouts de l'Europe en matière d'efficacité énergétique et de technologies.
Le débat ne fait que commencer. "Il faut inventer les standards du moteur électrique, établir des normes pour les batteries et développer des infrastructures pour les recharger", explique un négociateur européen.
La normalisation et l'inter-opérabilité devraient être les règles qui conduisent les Européens afin de "permettre aux consommateurs de recharger leurs batteries partout en Europe en toute sécurité", a déclaré le commissaire européen à l'Industrie, l'Italien Antonio Tajani.
Le développement de la voiture électrique avait été le thème central de la réunion ministérielle informelle organisée début février à San Sebastian, en Espagne.
Ce projet s'inscrit dans la perspective plus vaste de la nouvelle politique industrielle que l'UE doit mettre en oeuvre une fois sortie de la récession.
Cette sortie sera longue. "Le risque est que l'on doive attendre deux à quatre ans pour que le PIB par habitant retrouve son ancien niveau record et environ deux fois plus de temps pour que la situation de l'emploi se redresse", souligne le document approuvé lundi par les ministres.
Et elle sera douloureuse. "On va vers des restructurations et il importe que l'industrie les mène d'une manière socialement responsable", ajoute le document.
L'adoption du "paquet climat et énergie" en décembre 2008, avant la crise, devient un atout, plaident les gouvernements. L'industrie européenne est contrainte à devenir plus performante, moins gourmande en énergie et plus respectueuse de l'environnement et du climat.
Les restructurations incombent aux industriels mais l'Union européenne peut les aider. Les nouvelles règles en matière d'aides d'Etat seront ainsi "supprimées progressivement, en fonction de la reprise et de la situation de l'emploi", précise le document.
Le débat est en outre à nouveau lancé sur les mesures à mettre en oeuvre pour éviter les délocalisations provoquées par le renchérissement des droits à polluer si les négociations internationales ne débouchent sur aucun accord.
On ne parle plus maintenant de "taxe" aux frontières mais de "mécanisme d'inclusion des importateurs" imposant à ces derniers les mêmes contraintes qu'aux industriels européens. "Les positions évoluent", assure-t-on de source française.
Source: http://www.lematin.ch/flash-info/monde/ue-prepare-restructurations-industrielles-mise-vert
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