Le président de l'UDC Toni Brunner a ouvert l'assemblée des délégués en critiquant l'accord de Schengen.
Réunie samedi en assemblée à Näfels (GL), l'UDC suisse a tiré un bilan négatif de l'accord de Schengen entré en vigueur il y a une année et demi. Les démocrates du centre demandent au Parlement d'arrêter d'adapter le droit suisse aux développements de l'accord jusqu'à ce que le Conseil fédéral analyse ses effets sur la sécurité dans le pays.
"Si celle-ci confirme le désastre observé par l'UDC, il faudra dénoncer l'accord", a déclaré devant les délégués Hans Fehr, conseiller national. Le Zurichois, qui est aussi directeur de l'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), a surtout dénoncé le fait qu'en signant l'accord, la Suisse s'est inféodée à Bruxelles.
En effet, a expliqué M. Fehr, la Suisse doit reprendre les adaptations de l'accord décidées par l'Union européenne sans avoir son mot à dire. Depuis fin 2008, quelque 100 développements ont déjà été répercutés dans le droit suisse. "Ils concernent des domaines essentiels comme l'asile et les visas." Les adaptations sont régulièrement soumises au Parlement. Mais s'il les refuse, la Suisse risquerait d'être exclue de cet accord, a déclaré M. Fehr.
Explosion des coûts
De plus, les coûts liés à la mise en oeuvre de l'accord ont "explosé", a déclaré le Zurichois. Selon lui, ils ont passé de 7,4 millions de francs par an au moment du vote à 50 millions aujourd'hui. "Jamais un pays n'a payé aussi cher un projet qui le prive de ses droits", a commenté le chef de l'ASIN.
Les orateurs qui ont pris la parole samedi n'ont pas caché qu'ils préféreraient que la Suisse se trouve hors de l'espace Schengen. C'est l'UDC qui avait lancé en 2004 le référendum contre l'accord mais elle avait échoué devant le peuple par 54,6% des voix.
Si les démocrates du centre reprennent leur lutte aujourd'hui, c'est parce que le Conseil fédéral a "trompé" les citoyens, a expliqué le conseiller national neuchâtelois Yvan Perrin. Selon lui, Schengen n'a pas renforcé la sécurité dans le pays comme l'avaient promis les autorités.
Le vice-président de l'UDC suisse estime que Schengen a entraîné une hausse de la criminalité, essentiellement dans les zones frontières. M. Perrin explique cette évolution par le fait que "les frontières ont été abolies pour les délinquants mais conservées pour la police". Pire encore, selon l'UDC, la Suisse n'aurait à cause de Schengen plus les moyens de contrôler l'immigration.
Aucun chiffre à l'appui
La seule statistique évoquée par le parti pour étayer ses propos est la statistique suisse de la criminalité 2009. Selon l'UDC, il n'y a encore jamais eu autant de délits violents dans le pays que cette année là. Le parti n'avance toutefois aucun chiffre montrant une hausses des délits commis par des personnes ne disposant pas de permis de séjour. Yvan Perrin s'est contenté d'avancer - sans comparaison - le chiffre de 14,2% de prévenus étrangers sans permis de séjour de longue durée en 2009.
Depuis le 12 décembre 2008, les personnes ne sont plus contrôlées systématiquement aux frontières entre la Suisse et l'Union européenne. Mais les gardes-frontière effectuent des contrôles mobiles dans les zones frontières et la coopération avec les polices étrangères a été renforcée.
Source: http://www.24heures.ch/toni-brunner-schengen-augmente-criminalite-suisse-2010-05-01 |
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