PEINE DE MORT: Cent mille signatures à trouver en 18  mois PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 25 Août 2010 07:16

Cent mille signatures à trouver en 18 mois La Chancellerie a donné son feu vert: les initiants ont jusqu’à février 2012 pour aboutir. Ils visent la réintroduction de la peine capitale pour les meurtres doublés de violences sexuelles sur enfants.

«Seule l’exécution du meurtrier permet aux survivants de faire leur deuil. La peine de mort est un châtiment juste et logique, qui permet de rétablir en partie la dignité de la victime.» Souffrance des proches, punition des auteurs. C’est au nom de cette logique toute simple que les partisans du retour de la peine de mort en Suisse ont lancé leur initiative populaire. Leur cible: les auteurs de meurtre ou assassinat avec violence sexuelle.

«Si la peine capitale permet d’éviter ne serait-ce qu’un nouveau crime, elle se justifie», estime le comité d’initiative sur son site internet. Un comité qui pour l’heure reste très discret: pas de conférence de presse officielle, pas de photo. Emmené par un certain Marcel Graf, il se dit apolitique. Il s’agirait en fait de plusieurs membres d’une même famille de Suisse centrale, frappée par un meurtre resté pour l’heure impuni.

Feu vert formel
Après le feu vert, strictement formel, délivré hier par la Chancellerie fédérale, les initiants ont désormais dix-huit mois pour réunir 100 000 signatures. Mais avant que peuple et cantons ne votent, le texte devra être validé par le parlement. Ce dernier devra vérifier si le texte n’est pas contraire aux droits internationaux impératifs. Une appréciation qui sera tout autant juridique que politique. Même au sein de l’UDC, qui fait de la défense des droits populaires un des piliers de sa politique, on est divisé sur la question.

On n’en est pas encore là, mais la proposition fait déjà grand bruit bien au-delà des frontières suisses. Ainsi, sur son site internet, le grand magazine allemand Spiegel relaie la nouvelle, tout comme plusieurs médias autrichiens.

Un débat passionné
En Suisse, le thème passionne bien au-delà des cercles politiques. Sur Facebook, les amis de la jeune Lucie Trezzini, assassinée il y a un an et demi près de Zurich, sont très partagés. «Est-ce vraiment la solution de condamner quelqu’un à mort? Non, je ne suis pas pour la peine de mort», écrit Jacqueline. Magali, elle, est tentée par la proposition: «Une solution, peut-être pas. Mais cela ferait réfléchir les gens.» Monique, elle, est convaincue: «Oui pour le rétablissement de la peine de mort. C’est trop facile, la prison, et en plus cela coûte cher à la société.» «Qui es-tu pour juger si une personne mérite ou pas de mourir?» lui répond Yasmine.

Soixante-huit ans après l’abolition de la peine de mort, le débat est relancé. Mais pour combien de temps? En 1983, une initiative réclamant le rétablissement de la peine de mort à l’encontre des trafiquants de drogue était lancée. Dix-huit mois plus tard, les initiants ne pouvaient que constater l’échec de leur démarche.

Source:    http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/cent-mille-signatures-trouver-18-mois-2010-08-24

 
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